Le contexte : Tuvalu, nation en voie de disparition
Le Réchauffement climatique est aujourd’hui un fait avéré même si quelques scientifiques, comme dans tous les autres domaines de la recherche, continuent à nier l’évidence.
Tuvalu, un petit archipel de 9 atolls, 26 km2 en tout, est la plus petite nation du monde ou presque. Le pays le plus respectueux des droits de l’homme. C’est aussi le premier pays qui risque de totalement disparaître d’ici 50 ans, faisant de ses 11000 habitants les premiers réfugiés climatiques de la planète à l’échelle d’une nation.
Là aussi, quelques scientifiques, politiciens ou journalistes, ont argumenté que les Tuvaluens pourraient être les premiers responsables de leur sort : Le développement… les fertiliseurs… les cocotiers qu’on abat… le tourisme.
Le constat : Après un film, « Nuages au Paradis » et deux séjours de plus d’un mois sur place : pas de tourisme, pas de fertiliseur, les cocotiers subissent plus l’érosion que l’abattage. Le problème est global, pas local.
Devant cette catastrophe annoncée, il est urgent d’entrer au plus vite dans une phase d’action sans attendre qu’une première nation soit rayée de la carte.
Le premier objectif de « Small is Beautiful » : Aider les Tuvaluens à survivre en tant que nation, si possible en leur permettant de rester sur la terre de leurs ancêtres, par l’action combinée :
- du ralentissement des émissions de gaz à effet de serre et respect des autres domaines du développement durable (en médiatisant les éléments du programme « Small is Beautiful » et en participant aux campagnes pour l’application des directives globales et pour l’éducation à de nouveaux réflexes individuels)
- de l’étude des solutions d’adaptabilité sur place
- et, le pire devant être envisagé : de la recherche de terres d’asile où recréer la nation de Tuvalu et modalités de mise en œuvre du statut de réfugié environnemental/climatique.
L’objectif ultime : initier un mouvement actif au niveau global dont les retombées représenteront autant d’outils pour la sauvegarde de notre environnement, autant d’espoirs d’une solution pour tous.
Le moyen : un événement positif, fédérateur et concret, susceptible de trouver l’écho médiatique nécessaire ET reproductible : aider Tuvalu, avant sa probable disparition, à devenir un modèle environnemental, un exemple exportable de nation la plus respectueuse de l’environnement. Une manière pour Tuvalu de laisser sa trace dans l’univers.
POURQUOI
Il y a urgence : pour tenter de renverser les tendances et éviter le pire à Tuvalu et au reste du monde, il faut agir vite au plan individuel, local et global. Au niveau citoyen et politique.
Or, si nous commençons à prendre conscience de nos effets sur l’environnement particulièrement dans le domaine climatique, au quotidien, notre confort immédiat prédomine toujours. Sans sourciller, et sans autre directive politique, pour éviter la canicule, nous investissons dans des climatiseurs, le pire ennemi de la couche d’ozone. D’autres invoquent leur liberté individuelle pour répondre aux opposants des 4x4 oubliant que la liberté s’arrête bien en amont d’actions criminelles mettant en danger la vie d’autres humains sur la planète.
En 2004, surfant sur la grande marée annoncée, les médias se sont fait l'écho du risque de submersion total de Tuvalu... La catastrophe évitée, la vague alarmiste s'essouffle.
Or, c’est aujourd’hui qu’il faut agir. L’imminence de la menace qui pèse sur Tuvalu n’est que le présage de ce qui nous attend tous si nous ne le faisons pas. Et il n’est pas trop tard.
Nous avons étudié l’option de soutenir Tuvalu dans une action en justice contre les pays n’ayant pas ratifié le protocole de Kyoto. L’enquête menée auprès de la population sur la velléité d’un de leurs Premiers ministres d’entamer une telle action nous a convaincus que ce n’était pas leur souhait. Tous y étaient opposés.
COMMENT
Pour inciter à une action concertée et concomitante des politiques, les décideurs, et des citoyens, les acteurs, à Tuvalu et partout ailleurs, nous avons donc opté pour une approche positive et à double « détente », une opération de communication axée sur un projet fédérateur, concret, utile, relayé par une campagne d'envergure :
. Small is Beautiful
L’idée est de partir de Tuvalu, exemplaire à plusieurs titres : plus petite nation du monde, première en ligne de mire sur le front des changements climatiques, nation la plus respectueuse des droits de l’homme, pour développer un programme d’action constructif, reproductible, et susceptible de trouver l’écho médiatique nécessaire.
Tuvalu par sa taille et son peu d’élévation est un exemple de vulnérabilité. Mais ce pays est aussi, du fait de ses dimensions, de ses habitudes de consommation récentes, de sa relation traditionnelle à la nature, le candidat parfait pour devenir le premier pays fonctionnant totalement dans le respect de l’environnement, la vitrine environnementale de la planète, un modèle exportable. Une manière pour cette nouvelle Atlantide de laisser une trace positive sur notre planète.
Un « modèle » reproductible
Partant du plus petit exemple de Tuvalu, symbole dramatique de ce dont nous sommes tous menacés à plus ou moins long terme, deux objectifs primordiaux sont visés au niveau global :
- entraînement d’une action exponentielle par le développement d’actions analogues au-delà de Tuvalu par, d’abord, la communication régulière sur les actions mises en place, puis par la reproduction du modèle réalisé, avec le know-how acquis par et à Tuvalu. Il peut s’agir de reproduction intégrale dans des communautés similaires, comme les autres petits états insulaires, ou l’adaptation de réalisations innovantes dans un ou plusieurs domaines d’intervention à d’autres types de territoires, de communautés.
- participation à la prise de conscience, par le plus grand nombre, du problème de Tuvalu et de notre impact individuel au phénomène global du réchauffement climatique, et incitation à l’action individuelle.
Créer un tel modèle de « santé » environnementale et d’auto-suffisance énergétique serait certes un exemple des plus positifs pour le reste du monde, mais ceci permettrait également de régler les problèmes urgents de déchets et d’énergie à Tuvalu.
LES GRANDES LIGNES DU PROJET
Faire de Tuvalu un exemple de nation respectueuse de l’environnement signifie intervenir dans chacun des grands domaines correspondant à la définition de la protection de la nature, du développement durable en harmonie avec l’écosystème.
Le développement puis la mise en place de chacun de ces aspects seront menés parallèlement. Les études et la mise en œuvre demanderont la participation de nombreux spécialistes, de nombreux professionnels, investisseurs ou donateurs, dans chacun des domaines, mais voici, dans leurs grandes lignes, les axes principaux d’intervention et quelques idées.
Les domaines d’intervention, dans l’ordre d’importance qui peut sembler pertinent pour Tuvalu, en dehors du problème de la montée des eaux :
A- Eau douce/eau des ménages :
-Stockage et gestion de l’eau de pluie
-Revoir installation de désalinisation
-Examiner de nouvelles méthodes de purification des eaux telles le laser
-un exemple : utilisation eau de mer et eaux usées pour les toilettes « modernes ».
B- Les déchets :
-Nettoyage des décharges sauvages actuelles (cf « Borrow-Pits »). Ce programme pourrait devenir un des projets fédérateurs de la communauté
-Négociation avec les exportateurs étrangers pour la reprise des emballages
-Application de la Politique des 3 R : Réduire, Réutiliser, Recycler
-Tri sélectif des déchets recyclables (pour le moment : compost, quelques cannettes)
-Valorisation en méthane
-Responsabilisation des visiteurs, taxe ou reprise des déchets générés (plastique en particulier qui ne pèse pas grand chose et peut être compacté), et décharge municipale pour le reste, avec création d’une décharge pour le sud de l’ile capitale.
C- Energies :
L’idée est bien sûr de s’appuyer sur les ressources locales et de minimiser les coûts.
Au moins 4 types d’énergies alternatives disponibles dans l’archipel seront combinées pour fournir les îles en électricité :
-Solaire/vent (1 éolienne ou 2 pour l’île principale)
-Biodiesel de coprah/méthane des déchets et des porcs
-Mesures de conservation sur les bâtiments existants
-Système de transports publics plus efficaces.
NOTE : les 2 bâtiments principaux, l’hôpital et l’immeuble du gouvernement, ont été édifiés depuis 2001 par le Japon et l’Australie, sans « vision » environnementale. Par exemple, les équipes électriques n’ont pas imaginé utiliser l’énergie principale disponible à Tuvalu : le soleil.
D- Air :
-Remplacer les générateurs à fuel qui alimentent l’île par du biodiesel (voir plus haut)
-Remplacer les véhicules existants par des véhicules hybrides ou à moteurs électriques, avec bornes solaires
-Limiter le nombre de voitures par nombre de membres d’une famille/tribu
-Développer le système de bus en une navette, à la demande, comme un taxi
-Subventionner en partie le coût des 3 taxis existants et des 2 bus de l’île principale
-Remplacer les cyclomoteurs par des mobylettes électriques ou GPL ou mieux , des bicyclettes (rarissimes alors que l’île mesure
14 km
et que population et services sont regroupés sur 5 à
6 km
).
E- Erosion :
- Reconstituer les rives
- Etudier les types de végétation adaptables
NOTE : les habitants reconnaissent que le nombre d’habitants et donc de maisons atteint son maximum sur l’île principale. Il serait possible de recommander de ralentir le développement en limitant la construction aux maisons qui en remplacent une autre. La construction devra répondre à des normes techniques précises (par exemple : ventilation/isolation/refroidissement d’eau plutôt que climatisation ou approvisionnement individuel solaire).
Solutions d’adaptabilité ou d’exil programmé
Concomitamment à l’action « modèle », un 2e aspect du projet est d’imaginer des solutions palliatives adaptées à l'évolution de la montée des eaux, qu’il s’agisse d’adaptabilité aux lieux et aux circonstances ou d’exil programmé.
Il s’agit d’étudier les solutions existantes et d’en imaginer de nouvelles pour s’adapter à l’élévation du niveau de la mer et à la dégradation des phénomènes climatiques. Un habitant propose des digues non pleines. La Hollande pratique les maisons « amphibies », des insulaires allemands construisent des collines artificielles et se calfeutrent derrière murs et portes à l’étanchéité efficace.
Il s’agit aussi d’envisager des solutions de repli en cas de danger imminent de submersion par de violentes vagues,en installant par exemple, des paquebots de croisière pouvant loger les 5000 habitants des 2 îles principales.
Une solution d’adaptabilité passe par le comblement des « borrow-pits » dont les matériaux, « empruntés » en 1942 par
la Grande Bretagne
et les USA pour construire leurs pistes d’atterrissage, n’ont jamais été remplacés. Ceci contribuerait à aider au ralentissement des inondations par le sol (et éviterait la tentation de décharges sauvages là où rien d’autre ne peut être édifié ou cultivé).
Et si, malgré les efforts de tous, nous ne parvenions pas à éviter l’exil climatique aux Tuvaluens, il s’agit de proposer des solutions d’asile/d’exil adaptées à la nation de Tuvalu : 26 km2, si possible en plusieurs îles avec océan et lagon, la pêche, sous une forme ou sous une autre, étant partie intégrante de la culture tuvaluenne. Par exemple, les habitants d’une des microscopiques îles de l’archipel de Tuvalu a acquis il y a quelques années une autre île minuscule de l’Archipel de Fiji. Le financement d’un tel projet doit passer par l’aide internationale.
La Nouvelle-Zélande avait accepté de recevoir 70 personnes par an (soit 150 ans pour les 11000 Tuvaluens....), mais ce quota à été revu à la baisse et elle n’a accueilli que 35 personnes en 2004. L’Australie demeure farouchement opposée à ce concept.
Communication
. Grand public/media
A peu près tous les types de média (tv, radio, presse écrite, photos, internet) sont déjà représentés parmi les premiers soutiens au projet, exprimés avant le voyage.
Le voyage de sensibilisation, réalisé en novembre/décembre
2004, a
été filmé, comme le seront toutes les étapes de la mise en œuvre, et les images rendues disponibles pour les médias. Les images de Tuvalu étant extrêmement rares, du fait de son isolement, elles ont des chances d’être diffusées plus largement que celles d’un projet identique dans tout autre territoire (comme elles l’ont été, au JT de TF1, début février 2005). Un docu-réalité évolutif sur plusieurs années.
Parallèlement, des actions seront menées avec divers médias, organisations et institutions pour sensibiliser à la culture tuvaluenne, avec pour vecteur principal :
la musique. Les
quelques créations traditionnelles locales, à base de feuilles de bananiers, d’huiles et autres onguents seront développées sur place avec l’aide d’artistes reconnus dans ces domaines. Les produits seront diffusés dans le respect du commerce équitable, une autre manière de sensibiliser aux problèmes de Tuvalu tout en lui assurant un revenu complémentaire.
. sensibilisation de
la population Tuvaluenne
La prise de conscience de la population tuvaluenne est, bien sûr, la clé de
la réussite. Le
dernier voyage pour sensibiliser la population et obtenir son adhésion permet d’affirmer aujourd’hui : Mission accomplie, les Tuvaluens ayant clairement manifesté leur soutien au projet.
A priori, l’exercice qui consiste à vouloir convaincre de modifier des habitudes de confort semble plus aisé avec une population de 11000 personnes, une nation en développement, que celui de mobiliser des millions de personnes en Europe comme pour le Jour de la Terre 1990. Ceci ne signifie pas que le projet se développera plus rapidement. L‘isolement, les distances et le mode de vie Tuvaluen sont à prendre en compte. L’action sur place est planifiée sur au moins 5 ans.
Nos sociétés industrielles ont depuis longtemps perdu le contact avec
la nature. Pour
ces citoyens, le plus long à appréhender est la transformation d’habitudes devenues depuis plus d’un siècle de nouveaux réflexes.
A Tuvalu, les habitudes ne sont pas encore devenu réflexes. Les Tuvaluens sont toujours proches du peu de nature dont ils disposent et encore empreints d’un bon sens aiguisé.
Il y a un an encore, très peu de Tuvaluens avaient conscience de la réalité des problèmes auxquels ils sont confrontés. Aujourd’hui, les enquêtes sur place se multipliant, ils sont plus nombreux à comprendre qu’il leur faut agir.
Leur niveau de conscience de l’environnement, avec, ces dernières années, des ateliers d’environnement répétés, dans toutes les couches de la population, est peut-être plus développé que dans nos sociétés.
S’appuyant sur des documents existants, comme les « 50 gestes simples » du jour de la terre 90, il s’agit de réaliser un « mode d’emploi » adapté à la situation spécifique et au mode de communication propre aux Tuvaluens.
La communication sur place pourra être relayée par les rares médias de l’archipel (un mensuel de 4 pages et quelques émissions de radio). Elle se fera surtout par la diffusion des messages sur cd et dvd, la plupart des foyers tuvaluens étant équipés.
Elle le sera plus sûrement encore par les communautés, notamment l’Eglise de Tuvalu qui rassemble 97% des Tuvaluans, par les associations regroupées dans Tango (Tuvalu Association of NGO’s), et par la communication individuelle, un moyen d’échange d’informations, vitale dans les petites communautés.
L’île principale, une langue de terre de
11 km
de long et de souvent moins de 50m de large est rapidement arpentée. Sa surface microscopique est un atout pour ce genre de communication, c’est aussi, malheureusement, une des raisons de la vulnérabilité de Tuvalu.
Actions de sensibilisation en France
La question du réchauffement climatique est aujourd’hui dans tous les esprits et de nombreuses actions sont d’ores et déjà en place ou en projet par de multiples associations et institutions françaises. L’Ademe par exemple poursuit sa campagne de communication lancée en 2004, en distribuant bientôt, à 3,5 millions d’exemplaires, un nouveau guide des gestes quotidiens. Nous soutiendrons toutes les initiatives.
Outre les projections du film qui se poursuivent dans les festivals un peu partout dans le monde, un mailing massif auprès des associations et quelques « coups » médiatiques comme le journal de TF1 en février 2005, avec extraits du film et de nouvelles images d’inondations, nous focaliserons notre action, en France, sur une communication auprès des enfants.
L’opération « chapiteau » qui aura lieu du 3 au 7 octobre 2005 en région parisienne est une action pilote dont l’objectif est qu’elle soit reproduite le plus largement possible, dans les écoles et autres lieux réservés aux enfants.
Sous un chapiteau de cirque, à raison d’une demi-journée par séance, les enfants assisteront à une projection d’une version courte de « Nuages au Paradis », avec une conclusion de Lambert Wilson sur les gestes quotidiens. Avant et après le film, dans une ambiance chaleureuse et ludique, arrosée de popcorn et jus de fruit bio, des équipes leur expliqueront les causes et les effets, et ce faisant, inciteront les enfants à agir dans leur quotidien. L’un des supports utilisés sera une mallette pédagogique « 1°c de + », animée pour l’occasion par les équipes des Petits Débrouillards, réalisée par l’ADEME et l’association Les Petits Débrouillards qui explique les mécanismes de réchauffement au moyen de différents outils : posters, maquettes.
Les enfants repartiront avec une Bande dessinée de 8 pages leur rappelant les réflexes de chaque jour, les gestes qui permettront d’éviter que d’autres joyaux de terre ne disparaissent à l’avenir. Cette bande dessinée qui devrait compter l’ADEME parmi ses financeurs, sera réalisée à partir des informations contenues dans les fascicules de gestes pratiques édités par le Jour de la Terre en 1990 et 1992, mis à jour le cas échéant, en ciblant sur les gestes relatifs au réchauffement climatique.
Des bornes informatiques seront également installées de manière à permettre aux enfants de tester leurs gestes au quotidien et de mieux comprendre les problématiques du développement durable : il s’agira de CDRoms pédagogiques et ludiques réalisés par l’ADEME. Les enfants recevront également des réglettes reliant le climat aux gestes quotidiens réalisées par l’ADEME pour les 8-12 ans et mis à disposition par l’ADEME.
Le photographe Yann Arthus-Bertrand propose de fournir des affiches qui rendraient compte de la richesse et de la beauté de la Nature comme de la diversité ethnique de notre planète, des affichettes sur Tuvalu seraient également mises à notre disposition par ses soins. Ce volet est subordonné à la réalisation de ces affiches par le photographe.
Les enfants emporteront en outre chez eux un petit journal, « Le Journal des enfants », hebdomadaire de la presse enfantine adapté aux âges ciblés, spécialement réalisé pour la date anniversaire de l’indépendance de l’archipel (1er octobre) qui retracera le contexte tuvaluen aujourd’hui, la richesse de l’archipel et les problèmes qui s’y posent.
Enfin ils auront la possibilité de réaliser des dessins ou des petits messages vidéo à l’intention des enfants tuvaluens, qui seront mis en ligne, retranscrits et traduits sur le site internet de l’association.
Le lien ainsi créé avec les enfants de Tuvalu se poursuivra via les sites de Tuvalu.tv et Tuvaluislands.com ainsi que celui de l’association française, nouvellement créée, « Alofa Tuvalu ».
Contact : alofatuvalu@wanadoo.fr
Un plan d’une décennie
2004 (1ére étape réalisée)
Janvier/ Octobre :
Elaboration premier dossier, Pré étude de coût et plan de financement pré- étude
constitutions première liste de soutien dont « comité de surveillance »
Elaboration dossier de données : listings institutions et individus spécialisés
Premiers contacts spécialistes et institutions,
Contacts Affaires Etrangères et officiels Tuvalu
Première recherche de financement
préparation voyage « repérage »
Novembre/décembre :
Voyage sur place : pré sensibilisation population de Tuvalu
discussion et accords avec les acteurs locaux : membres du gouvernement, gouvernement local, associations, citoyens, recueil des données
compilation des solutions disponibles et adaptables aux données.
Elaboration d’une méthode « nationale » et d’un plan de communication intérieur
Enregistrement video et audio de l’ensemble
Mise à jour « pré-projet »
2005 :
Rédaction Pré-étude, Analyse étude, 1ères conclusions, 1ères solutions
Contacts intensifs spécialistes, institutions, NGO’s, entreprises, média
Tables rondes avec des représentants des entreprises, des organismes d’aide internationaux concernés et des spécialistes dans les domaines environnementaux autour desquels s’articuleront l’étude et le projet.
Mise en place d’une première équipe de techniciens.
Mise en place 2e phase : voyage d’étude de réalisation (moyens, coûts etc)
Parallèlement : 1ères propositions de solutions d’adaptabilité sur place ou d’exil
1ère campagne internationale avec Earth Day
2006 :
Accords avec les intervenants et divers acteurs : gouvernement, industriels internationaux, recycleurs, spécialistes des énergies renouvelables et autres
Premières mises en place des systèmes choisis, premières applications
2e Campagne de communication sur place
2e campagne de communication internationale pllus intensive
Parallèlement : proposition de solutions d’adaptabilité sur place ou d’exil
2007 Suite mise en place et tests fonctionnement global à Tuvalu
2008/2009
Campagne internationale et premiers exports/reproductions du modèle créé
2010/2013
Mise en place des autres programmes internationaux
Adaptation terres d’asile pour préparation exil éventuel
The context:
Tuvalu
, a nation in the process of disappearing
Today global warming is an increasingly recognized fact even if some scientists, as in other scientific fields, still dispute the evidence.
Tuvalu
, one of the earth’s tiniest nations, is a South Pacific archipelago of 9 atolls with a total land-mass of 26 square kilometers. Named the only nation in the world above reproach for human rights violations by a panel of observers in June 1998, Tuvalu is also the earth's first sovereign nation faced with becoming totally uninhabitable to due global-warming related flooding within the next 50 years. Its 11,000 citizens are thus threatened with becoming the planet’s first entire nation of environmental refugees.
Here too, some scientists, politicians and journalists argue that the Tuvaluans might be responsible for their fate: development, use of fertilizers, cutting down of coconut trees, tourism....
Our report: During the 2 trips we took, while filming and observing conditions in
Tuvalu
, we found no tourism, no fertilizers…and the coconut trees are succumbing to erosion and salt-water infiltration, not clear-cutting. Clearly, the problem is global, not local -- far beyond the means of
Tuvalu
’s people to meaningfully address.
Faced with this impending catastrophe, we must act now without waiting until this first nation is wiped off the map. We are ALL
Tuvalu
...and the clock is ticking.
The primary objective of Small is Beautiful: Assist the Tuvaluans to survive as a nation, and if possible, allow them to remain on their ancestral land. This can be achieved by a combination of:
- Reduction of greenhouse gas emissions and raising awareness of other sustainable development solutions and initiatives (using some of the tools of the Small is Beautiful project, participating in campaigns for the application of international directives and by changing individual habits through education)
- Study of appropriate on-site solutions for local environmental problems
- Plan for worst case scenario: identifying a new homeland where the nation of
Tuvalu
can be resettled, and establishment of an official status for environmental/climatic refugees.
The ultimate objective: participate in an active, global movement to create tools for safeguarding our environment and hopes of a solution for us all.
The means: a media campaign based on a positive, unifying and concrete program: Assisting Tuvalu, as its own destruction approaches, to become an environmental showcase - a living, breathing, replicable model of an environmentally respectful and exemplary nation is a compelling means for
Tuvalu
to leave both a vital message and an important legacy to the world.
WHY
.
There is urgency : To reverse current trends and avert disaster in
Tuvalu
and the rest of the world, immediate action must be taken both locally and globally by governments and average citizens alike.
While becoming more conscious of our individual effect on the environment, particularly regarding climatic changes, our standard of living still takes precedence when it comes to our actual behavior. In
Europe
, without forethought or political directive, to deal with a summer heat-wave, we invest in air conditioners, the ozone layer’s worst enemy. In the
US
, arguing with their opponents, SUV owners insist on their individual liberty, seemingly oblivious or simply not caring -- that this “freedom” is endangering the lives of other humans on the planet.
In 2004, following the announcement of the seasonal King tides in
Tuvalu
, the media spoke of the all-too-real risk of inundation. Once the immediate threat was over, the media turned its attentions elsewhere…as if no larger or longer-term problem exists for the country.
However, the danger that hangs over
Tuvalu
is now a constant one…one which awaits all the earth’s low-lying lands (and others) if we do nothing. And it is not too late if we act today.
We have studied the option of supporting
Tuvalu
in a class action lawsuit against the countries that have not ratified the Kyoto Protocol, an idea put forth a few years ago by a former Tuvaluan Prime Minister. An informal poll of the population, however, convinced us that this course was not in accordance with the true wishes of the people of
Tuvalu
. Nearly everyone was opposed.
HOW
To instigate joint and simultaneous action amongst politicians, decision-makers, and citizens, in
Tuvalu
and elsewhere, we have chosen a positive approach using two concurrent strategies: 1) a unifying and useful real-world project and 2) a widely disseminated information campaign based on the project.
. Small is Beautiful
Tuvalu
is symbolic on many levels : one of the smallest nations, it is among the first in line to face dramatic climate changes and is the nation the most respectful of Human Rights. The idea is to start from this tiny example to develop a program of constructive action - one which is replicable and likely to garner the necessary media attention.
Tuvalu
, a tiny and extremely low-lying nation, is the epitome of vulnerability. It is also, due to its small size, recent habits of consumption, and traditional relationship with nature, a perfect candidate for becoming the first country to operate in harmony with the environment, an environmental showcase of the earth, a living ideal for the planet to emulate. A way for this new Atlantis to leave a positive mark on our planet.
A REPLICABLE “Model”
Operating on the basis that
Tuvalu
is a microcosm of the threat that we all face in the near or long-term, two primary objectives need to be addressed on a global level:
- Creating a chain-reaction by initiating similar programs to follow the
Tuvalu
model. This will be done first through regular media communication about what is actually happening in
Tuvalu
, then by emulating the methods used on
Tuvalu
. The work done on
Tuvalu
, and experience gained, will be used in either direct reproduction in ecologically similar regions, such as small insular states, or by adapting some of the program’s innovative ideas to other types of environments, stimulating actions in different regions and communities.
- Raising awareness, on a large scale, about the threat
Tuvalu
faces and about our individual impact on global warming in order to foster increased individual action.
Accomplishing such a model of « environmental sanity » and greater self-sufficency would not only create the most positive kind of example to the world, it would also solve some of
Tuvalu
’s most pressing waste and energy problems.
GENERAL OUTLINE
To make
Tuvalu
a model of an environmentally respectful nation means working and coordinating with each of the main areas listed below toward increased natural conservation, sustainable development, and harmony with the local ecosystem.
The development of each of these areas of work will be done in parallel. Studies and implementation will require the participation of specialists and professionals in various fields. Resources will come from partners with a “natural fit”: international aid organizations, corporate underwriters and foundations The main areas of proposed intervention and some initial ideas are presented below.
Excluding the larger global issue of sea-level rise, based on observation and preliminary discussion with local residents, the areas of intervention, in order of importance, are as follows:
A-Drinking water/water for cleaning:
- Storage and management of rainwater
- Reexamine system of desalination
- Study new methods of water purification such as UV purification
- Example: using seawater and “grey” wastewater for modern flush toilets.
B-Waste products:
- Clean up of non-officially designated landfills, most specifically the “Borrow-Pits”. This program can become a project federating the community
- Negotiate with foreign exporters for the return of packing materials
- Application of the 3R’s motto: REDUCE, RE-USE, RECYCLE
- More intense selective sorting (for the moment: compost and cans)
- Use of methane from waste and manure generated from pigs.
- According responsibility to visitors through taxation or duty to leave with waste generated (mainly plastic which does not weigh much and is easily compacted)
- landfill of remaining waste in official government-sanctioned and maintained areas + creation of an additional official landfill to serve southern end of
Funafuti
C-Energy:
The goal is to maximize use of local resources while minimizing life-cycle cost.
Four types of alternative energy are available on the archipelago. Combined they can supply electricity to the islands, moving
Tuvalu
toward energy self-sufficiency :
- Solar (photovoltaic)
- Wind (one wind generator per island, two for the main island)
- Biodiesel from coconut Copra
- Methane from waste and pigs.
- Conservation measures on the existing buildings such as more energy-efficient building design
- More efficient and regular mass transport
NOTE: the two main buildings, (hospital and government building), were built since 2001 by
Japan
and
Australia
with little environmental vision: not one solar photocell to make use of the principal energy available on
Tuvalu
: the sun.
D-Air:
- Replace fuel generators sustaining the island with engine running locally produced biodiesel
- Replace motorized vehicles with solar or hybrid vehicles
- Limit the number of vehicles per number of family/tribe members
- Implement a bus shuttle system, on demand, similar to taxis
- Partially subsidize the cost of existing taxis and buses
- Replace gas-powered scooters and motorbikes with electric, increase use of bicycles (rarely used even though the main island is no longer than
14 kilometers
and the population and all services are within 5 to
6 kilometers
).
E-Erosion:
- Reconstitute and rehabilitate the affected shorelines
- Study adaptable types of erosion-resistant vegetation.
Note: Tuvaluans recognize that the number of inhabitants and thus the number of houses is reaching a maximum on the main island. It may be advisable to recommend a moratorium on new home construction except for replacing existing older houses. New construction would have to meet stricter technical and environmental standards (i.e. natural ventilation, insulation, cooling by water as opposed to air-conditioning, individual solar units, energy efficient lighting and appliances, etc).
Adaptation Solutions and/or Planned Evacuation Program
Simultaneously with the “model” program, a second aspect of the Small is Beautiful project is to address the larger problem of sea-level rise by:
1)development of workable local, on-site solutions to rising sea and water levels 2)development of a sound plan for the eventual evacuation of
Tuvalu
and the creation of a new homeland.
The idea is to study existing solutions and to imagine new ways of adapting to rising sea levels and harsher weather conditions. One inhabitant proposed a “half-filled” seawall.
Holland
builds “amphibious” houses. German islanders build artificial hills and keep dry behind walls and doors with effective sealing.
The other aspect is to envision solutions in case of danger of immediate seawater inundation. For example: make available 2 cruise ships where the 5000 inhabitants of the two main islands could find shelter.
Any adaptation solutions would be greatly helped by the filling of the “borrow-pits” where the earth, “borrowed” in 1942 by the
United Kingdom
and the
United States
to build their airstrip, was never replaced. This could help in reducing ground flooding and would avoid illegal landfills in holes where nothing can be built or cultivated.
If, in spite of all efforts, climatic evacuation and exile for
Tuvalu
’s people proves to be unavoidable, we want to be able to propose solutions for a new homeland which would permit the nation’s culture and society to go on and which would approximate
Tuvalu
’s geography as closely as possible: 26 km2, on several islands with open ocean and lagoons. (Fishing, in one form or another, is integrated to
Tuvalu
lifestyle.) As an example: some years ago a few families from one of the microscopic islands of the archipelago bought another miniscule
Fijian
Island
. The Tuvaluan government apparently has done preliminary study for a similar option. To implement it, however, would require capital and other forms of humanitarian aid not currently available to the government.
At present, under an emigration program with
New Zealand
, up to 70 Tuvaluans were allowed into the country till 2003, but this quota was reduced and only 35 people migrated in 2004. Though a similar program has been requested of it,
Australia
(a non-signatory of the
Kyoto
protocol), has thus far refused to instate such a program.
COMMUNICATION
. General Public/Media
Nearly all forms of media (tv, radio, written press, photography, internet) are already represented among the first supporters of the project, and their support was expressed prior to our 2nd trip.
The awareness trip which took place in november/December 2004 was filmed, and so will all steps of implementation of the program, The pictures will be made available regularly to the media. Almost like a reality-documentary evolving in real time over many years. Due to its remoteness, images of Tuvalu are still rare and therefore images of the project have more chances to be widely aired than an identical project on another territory (for example they were shown early February 2005 on TF1 news, the biggest French network).
As an integral part of the project, activities and events are being organized with various media, organizations, institutions, to introduce and acquaint the general public with Tuvaluan culture, with music being the primary vector. The few traditional handcrafted creations (made of banana leaves, oils and other creams), will be further developed on-site using, one or two symbolic creations, designed by recognized international artists. The products will be distributed according to fair trade directives as an additional way of publicizing
Tuvalu
’s situation as well as a means of earning complementary income.
. Awareness of the Tuvaluan population
The awareness of the Tuvaluan people is a critical key to the eventual success of “Small is Beautiful”. The trip allowing us to gauge interest and support amongst the population, as well as their willingness to actively participate was a real success.
Mission
accomplished, the Tuvaluans clearly are supporting the project.
In reality, the challenge of convincing the 11,000 citizens of Tuvalu to modify their daily habits into more environmentally aware ones seems easier than mobilizing millions of Europeans for Earth Day
1990, a
previous large-scale project spearheaded successfully by the creator of “Small is Beautiful”. This does not mean that the project will be implemented rapidly. The remoteness, the requirements of capital and other resources and the Tuvaluan way of life itself must be taken into account. The on-site project as outlined above is expected to require no less than five years.
Modern industrial societies have long been losing their contact with nature. For their citizens, having to modify common habits, which have evolved, gradually, over centuries, into society-wide reflexes, will take much longer to achieve.
In
Tuvalu
, these behaviors have not yet become reflexes. Partly by necessity and partly by choice, the Tuvaluan people remain much closer to whatever nature they have left. In addition, plain common sense is a part of the national character.
Just a year ago, few Tuvaluans were conscious of the real and serious problems they were confronted with. Today, with more journalists and scientists having investigated the situation on site, many more citizens realize that one way or another, they will have to act.
Their present environmental awareness, with repeated environmental workshops over the last few years and across all segments of the population, is perhaps now more advanced than most “modern” societies.
In order to encourage and actualize positive environmental change in
Tuvalu
, we will convey the kind of environmentally conscious behaviors outlined in existing documents such as the “Fifty Simple Things”. These handbooks created for Earth Day 90, will be adapted to the specific local situation and in a manner that is understood by the local population.
On-site communication will be relayed by
Tuvalu
’s daily radio broadcasts and its local 4-page monthly magazine…and additionally via CD and DVD, which most of Tuvaluan households are already equipped with.
More important will be the local community institutions, notably the
church
of
Tuvalu
, which represents 97% of the population ; by the local group associations, Tango (Tuvalu Association of NGO’s ); and by simple word of mouth (a vital means of information exchange in small communities).
The main
island
of
Funafuti
is a strip of land
11 kilometers
long and often less than
50 meters
wide, which facilitates mobility. Such a small landmass is an asset for disseminating information. It is also, unfortunately, one of the major reasons for
Tuvalu
’s vulnerability.
A decade-long plan
2004 (first step implemented)
January/October:
- Development of project intent and goals
- preliminary study of costs and plan of financing
- Creating first support list and “watch group”
- Development of database: list of specialists, institutions, etc
- First contact with specialists and institutions
- Foreign Affairs contacts and
Tuvalu
officials
- Initial research into project financing
- Preparation for research/fact-finding trip to
Tuvalu
November/December:
- Initial exposure of project to the population of
Tuvalu
- Discussions and agreements with the principal local actors: government members, local government, associations, citizens
- Collection of data
- Compilation of available solutions and adaptation to the data
- Development of a national “method” and a plan of internal communication
- Video recording of all activities
- Project update to adapt to current information, circumstances and available resources
2005:
- Drafting report and conclusions; analyze study; establish initial conclusions and solutions;
- make contact with specialists, institutions, NGO’s, corporations, media
- Workshop with corporate representatives, relevant organizations of international aid, and specialists in the environmental fields around which the study and the project will be developed and actualized
- Put into place the first team of technicians,
- Put into place the second phase: trip to study realization of goals in terms of renewable energies (means, costs, etc.)
- 1st international campaign
2006
- Agreements with the representatives and various actors in the project: government, international industries, recyclers, renewable energy specialists and others,
- implementation of chosen systems, application of chosen tools,
- Second on-site publicity campaign,
- 2nd international campaign,
- In parallel: propose solutions of adaptation or exile.
2007 : Continue installations and operations testing on
Tuvalu
.
2008/2009
- International campaign and first export/reproduction of the model created.
2010/2013 :
- Put into place other international programs,
- Preparation of asylum lands for possible evacuation and habitation.
.